Tadlo (2nde partie)

Les matins, nous déjeunons chez Mama Pap  qui a une petite échoppe à deux pas de chez Poh. Pour 10 000 kips (1) nous ressortons rassasiés.  Elle nous réserve à chaque fois un incroyable accueil.  Il n’y a que son café qui est imbuvable mais son lao tea est délicieux. Le midi aussi nous déjeunons chez Mama de riz frit avec des œufs, de nouilles, de spring rolls servis en quantité ! Et si parfois nous y dinons alors là, forcément, nous trouvons des compagnons de tablée. Son banana pancake est si célèbre qu’on en parle jusqu’à Pakse, c’est vous dire ! Et pourtant, elle reste modeste Mama.

 

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Elle vit avec sa fille qui est enceinte jusqu’au yeux. Mama nous dit que le bébé ne va pas tarder et que lorsque ce sera le moment, une personne viendra de Saravane, la ville la plus proche (40 kms) pour l’aider s’il y a complication. Mais en attendant, c’est bien sa fille qui prépare debout derrière les fourneaux, du matin au soir, tous nos repas copieux. Pas facile la vie de femme lao !

Puis, de 10h à Midi nous travaillons avec Jade, entourés bien souvent des enfants curieux de la voir écrire ou réciter sa poésie. Un matin, il y a même une poule qui s’est invitée sur la table. Il faut en vouloir pour être écolière à Tadlo parfois !

Notre ami Jérémy (www.2rouesvagabondes.fr), que nous avons croisé trois fois déjà, est lui aussi arrivé à Tadlo. Il souhaite partir en balade ce matin : longer la rivière sur quelques kilomètres pour rejoindre un village ethnique qu’il a vu sur sa carte très détaillée du Laos. Superbe idée, nous nous joignons à lui. Après environ deux heures de marche, en forêt, au milieu des champs, près (très près même parfois) de la rivière, nous arrivons tout doucement au village. Nous comprenons aux regards des habitants qui vivent là que les occidentaux ne sont pas monnaie courante ! Sur le sol, des carrés et ronds rouges : ce sont des piments qui sèchent au soleil. Ici, une femme qui bat des cosses pour en extraire ce qui ressemble à de gros haricots rouges. Là un pêcheur qui, au filet et à la main, attrape son repas de midi. Chaque prise est lancée à ses enfants qui l’attendent sur la berge. Il ne prendra à cette mare boueuse que ce dont il a besoin puis repartira. Nous dégustons littéralement cette tranche de vie en nous posant un moment, sans faire de bruit pour ne pas déranger.

 

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Nous souhaitons continuer plus avant mais plus de chemin qui longe la rivière… Enfin si, il y en a bien un mais il nous faut traverser une mare pour pouvoir le rejoindre. Après avoir fait demi-tour dans un premier temps, nous revenons sur nos pas et traversons finalement pour rejoindre l’autre rive. Et c’est reparti mais en plein soleil cette fois. Nous finissons par faire demi-tour car le chemin s’arrête au milieu d’un champ. Retour à Tadlo donc et direction Mama Pap pour un bon déjeuner… Il est 14h30.

Puis nous nous autorisons une petite sieste, pendant que Jade joue avec les enfants et les poussins sous l’œil bienveillant de Tim.  Ainsi va la vie à Tadlo, paisiblement. Nous nous ressourçons et Jade est enchantée

Aujourd’hui est un grand jour : Poh a décidé d’emmener une quinzaine d’enfants du village pique-niquer un peu plus haut, sur le plateau des Bolovens. La majorité d’entre eux n’a jamais quitté le village, certains ne sont pas scolarisés (50 % des enfants de Tadlo ne le sont pas !). Poh emmène également sa famille au grand complet dans sa voiture ainsi que Nicolas et Edouard qui enseignent le français à Paksé et sont venus passer le week-end chez Poh. Il nous faudra donc avoir recours à un minibus supplémentaire pour emmener la totalité du groupe. Thierry et moi nous installons avec dix enfants dans le minibus et sommes vite baptisés « Mama, Papa ». L’excitation est à son comble et leurs yeux n’en perdent pas une miette. Tantôt à droite, tantôt à gauche, que de choses à voir !

Ferme pédagogique, pique-nique et cascades

(et serpents, glissades, sangsues, fourmis rouges…)

Après deux heures de route à 40/50 kilomètres heure (les enfants sont malades en voiture car ils n’ont pas l’habitude) nous faisons un arrêt pour la visite d’une ferme pédagogique, projet soutenu par la Chine. Les enfants s’émerveillent devant la culture des concombres, des aubergines… en si grande quantité.

Nous rejoignons ensuite le lieu du pique-nique après une marche un peu ardue sur un escalier de pierres et de bois humides, puis la traversée de la rivière sur de grandes planches de bois, tout en portant de gros paniers contenant légumes, poissons, fruits, boissons et vaisselle.

Les hommes improvisent un feu pour faire cuire les poissons du Mékong (achetés la veille au marché) tandis que les femmes préparent tomates et papayes râpées sous l’œil impatient des petits, assis sur la table des préparatifs. Les enfants vont laver les salades directement dans l’eau de la cascade… Heureusement, nous repérons vite qu’il y a du riz cuit en quantité, remarquable pansement intestinal dans les situations qui pourraient jouer des tours à nos organismes occidentaux. La table est dressée, directement sur le sol et chacun pioche à tour de doigts dans les plats. Le poisson, cuit dans une croûte de sel, est un régal dont nous nous souviendrons longtemps tant l’odeur est tenace sur les doigts ! Un petit garçon se met à l’écart pour manger la tête (et les yeux) du poisson ! Les verres d’eau ou de bière passent de bouche en bouche… bref, pique-nique bucolique dirons-nous et quelle ambiance !

Après ce bon repas, tout le monde pose pour une photo souvenir avant de reprendre la route en sens inverse, en évitant pour un, un serpent, pour l’autre une sangsue. Nous nous en sortons bien car, selon Tim, il semble que le répulsif anti moustique que nous avons largement appliqué avant la sortie soit également actif sur les sangsues. Tant mieux !

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Il est 17 heure déjà, il faut repartir, la conduite de nuit est plutôt risquée car ici on trouve de tout sur la route : travailleurs qui rejoignent le village à pieds, animaux errants, enfants qui jouent au ballon, cyclistes non éclairés… Bref, le retour se fait tout doucement. Nous en profitons pour une révision des chiffres de un à dix en anglais avec nos petits compagnons de voyage avant qu’ils ne s’endorment tous, rincés par cette journée.

Demain déjà il nous faudra songer à refaire nos sacs pour retourner à la ville, mais n’y pensons pas, pas encore !

Voici donc un aperçu  de notre vie durant une semaine. C’est évidemment avec le cœur gros que nous quittons ce havre de paix et de bonne humeur,  à 1000 lieux de nos codes de vies occidentaux, pour rejoindre Paksé, la grande ville à 2 heures de route. Ce soir nous attend un bus de nuit pour rallier Vientiane, la capitale du Laos.

Mama Pap, Tim, Poh,  les enfants, et tous les autres… Merci de nous avoir offert cette magnifique parenthèse humaine,  sans artifices, où souvent nous nous sommes plus compris par les sourires et les regards que par les mots. Il est doux pour nous de penser que d’autres viendront après nous pour participer ainsi à l’amélioration des conditions de vie de ces familles.

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 Une mention spéciale à Mama Pap et à Tim qui remportent tous les suffrages dans nos cœurs.
 
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2 réflexions sur “Tadlo (2nde partie)

  1. La lecture de l’article laisse transparaître toute l’émotion de ce séjour à Tadlo. On est triste nous aussi d’arriver à la fin de l’article, on voudrait continuer avec vous… J’imagine que cette immersion dans un village et une famille est la version du voyage la plus riche !
    La guesthouse a l’air connue car sur la 1ère photo, il y a plus d’Européen que de laotiens.
    Magnifiques photos de paysages et d’enfants ! J’adore celle de Jade et Mama Pap !
    On vous embrasse tous les trois !

    • Et oui, nous étions tristes et quelques larmes sont montées au moment des adieux. Nous avons eu droit chacun à trois bracelets porte-bonheur, achetés dans les temples, offerts par Mama, Tim et aussi la sœur de Poh. Grand moment d’émotion !
      La photo a été prise chez Mama, un soir où nous avons dîné chez elle. Sa renommée est telle qu’il y a toujours du monde et ce soir là nous étions en bonne compagnie avec, entre autre, Audrey et Jean-Nicolas qui venaient d’arriver pour passer 15 jours auprès des enfants par le biais de l’association. On a pu ainsi échanger et ils nous tiennent au courant de la suite. Super !
      Il y avait aussi notre ami Jérémy, tu le reconnaitras aisément, après plus de 2 ans sur la route il a un look de grand voyageur. C’est un garçon extraordinaire et riche de récits fabuleux.
      Allez, je m’arrête sinon je vais pleurer…
      Gros bisous à tous les 4

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