Bye bye Laos, bonjour Thaïlande

 

Navigation sur le Mékong

 

Le gérant de notre hôtel nous propose de s’occuper des billets pour les deux jours de bateau, le tuk-tuk pour aller jusqu’à l’embarcadère, ainsi que de la réservation de notre guesthouse pour la nuit. En effet, la remontée jusqu’à la frontière thaïlandaise se fait en deux jours avec halte obligatoire dans le village de Pakbeng, pas d’alternative possible. Nous acceptons donc et comprendrons plus tard qu’il a pris une très bonne marge sur la course. Nous avons payé 1 200 000 kips -ah oui nous sommes millionnaire ici je ne vous l’avais pas précisé- ce qui équivaut à 120 €, pour la prestation cela nous semble raisonnable (et c’est bien là le principal après tout) mais il s’avère que 800 000 kips auraient suffit, je vous laisse faire le calcul.

Ces précisions pécuniaires passées, nous allons maintenant pourvoir embarquer pour deux jours de navigation. Nous trouvons des places au fond du bateau sur des sièges de bus, cloués deux par deux sur des lattes en bois, qui sont ajoutés au fur et à mesure de l’arrivée des passagers. De nombreux autres voyageurs- occidentaux pour une grande majorité- sont déjà installés. Nous avons la joie de retrouver Simon et Victoria que nous avions rencontré chez Mama Pap à Tadlo. Ils arrivent à la fin de leur voyage et rentrent en France dans 15 jours.

Nous débutons notre lente remontée au calme, dans la brume matinale, c’est beau. Nous essuyons quelques gouttes de pluie mais le soleil revient vite. La journée se passe tranquillement entre écoute de musique sur le portable, lecture du guide thaïlandais, discussion avec les voisins, jeux avec Jade… et bien sûr le paysage à admirer. Petite précision sur notre embarcation fluviale. Le capitaine du bateau ainsi que son épouse vivent à  bord. Nous avons pu observer leur lit (une planche au dessus du moteur) et leur cuisine au fond du bateau. Quant à leur salle de repas, c’est tout simplement l’endroit où les passagers entreposent leurs multiples sacs et valises durant la traversée. Leurs sanitaires sont ceux que nous utilisons pendant notre longue traversée. En résumé, ils prêtent continuellement leur « home boat home » aux nombreux passagers qui empruntent, dans un sens ou dans l’autre, ce grand couloir fluvial.

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La nuit commence à tomber lorsque nous arrivons à Pakbeng. Et là, c’est un grand moment de solitude qui s’offre nous. Nous devons débarquer en traversant une planche reliant le bateau au pied d’une dune de sable, que nous devons bien sûr gravir avec, chacun, nos deux sacs sur le dos et, en plus pour Thierry, la valise scolaire* et ses 13/14 kgs !!

Dire que nous sommes ravis lorsque nous arrivons à la porte de la guesthouse serait un euphémisme. Nous posons nos sacs et allons nous régaler de nans et poulet tika dans un restaurant indien avant de filer sous la douche et de nous glisser dans nos draps, bien fatigués par cette lente journée et ce débarquement épuisant.

 * Penser à préciser aux futurs voyageurs que les roulettes sur les valises font parfois office d’inutilité !
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Ce matin nous savourons le petit déjeuner, dans notre guesthouse surplombant le Mékong, et reprenons deux fois des croissants ! Et oui, ici à Pakbeng, nous trouvons des croissants. Nous nous attendons à un épisode compliqué d’embarquement mais non, finalement des bidons en plastique accrochés les uns aux autres font office de ponton, c’est presque du luxe.

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Notre deuxième journée est similaire à la première même si le paysage, fait en grande partie de magnifique forêt primaire, est quelque peu différent. Jade sympathise avec la femme du capitaine et joue aux 7 familles avec Victoria et un italien à qui elle apprend des mots de français. Ce qui ne l’est pas, en revanche, c’est l’arrivée et le débarquement, version planche minimaliste et boue herbeuse. Ah qu’ils sont chanceux ceux qui arrivent près du ponton en bois !

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 Sur les photos, notre bateau est le premier sur la droite…

Nous n’avons pas prévu d’hébergement pour ce soir et décidons de suivre Simon et Victoria pour nous mettre en quête d’une guesthouse. Nous en trouvons rapidement une pour 60 000 kip (6 €) et en avons pour notre argent : un très grand lit où nous pourrons dormir à trois mais pas de draps ; un wc sans chasse d’eau avec baquet, bassine et  odeur d’égouts  mais tout te même un tuyau de douche. Et… nous ne sommes pas seuls ! Heureusement nous avons nos « sacs à viandes » pour remplacer les draps e t… nos chaussures pour tuer les trois cafards qui se montrent dès que la lumière s’allume dans les toilettes! Ouf, Jade ne les verra que lorsqu’ils seront morts le lendemain matin ! Bref, une adresse à zapper mais après ces deux jours de navigation nous sommes  fatigués et ne faisons pas les difficiles.

Arrivée à Chiang Khong (Thaïlande)

 

Notre dernière matinée au Laos s’annonce maussade, tant par notre tristesse de quitter ce pays que nous avons tellement apprécié, que par l’état de mes intestins qui jouent des maracas. Tourista mon ami, quand tu nous tiens ! Il nous faut trouver un moyen de rejoindre le check point pour passer de l’autre côté du Mékong, en Thaïlande. Nous nous groupons à 6 pour négocier un tuk-tuk jusqu’à la frontière lao puis, une fois les formalités effectuées, un bus nous emmène à travers le no man’s land pour rejoindre l’autre côté.

Il est 11h50 précises lorsque nous arrivons en Thaïlande.

horizon-mix6t-frontiere-thailande

Le bus pour Chiang Khong, à une quinzaine de kilomètres de là, est réservé dans la foulée et nous parcourons les quelques kilomètres, qui nous séparent de notre point de chute pour ce soir, en tuk-tuk. Le chauffeur refuse de négocier en prétextant, carte à l’appui, qu’il y a 10 kms jusqu’à la guesthouse. Et devinez ? Quatre kilomètres plus loin, nous sommes devant la porte du Sawadee Homestay où le patron nous réserve un accueil très chaleureux. Arghhh, ils sont forts ses chauffeurs de tuk-tuk !

Nous sommes heureux de prendre possession de notre chambre (moi, encore plus) et après une rapide installation, nous décidons de nous mettre en quête d’une « cantine ». Nous nous apprêtons à quitter notre hébergement lorsqu’une famille arrive… Incroyable ! Ce sont les Coloriés : Nathalie et Didier et leurs deux enfants Chloé et Arthur. Nous avions échangé avant notre départ et ne devions pas nous croiser sur la route. Mais la situation politique actuelle les a contraint à changer leur planning. Ils ont remplacé l’Indonésie** (devenue à risque !?) par la Thaïlande. Nous commençons à parler… voyage bien sûr ! Après de longues minutes, nous les laissons s’installer non sans nous être promis de dîner ensemble ce soir.

Notre repas de midi avalé, nous rentrons goûter un repos bien mérité, pendant que Jade joue avec ses nouveaux amis. C’est un vrai bonheur pour elle de parler français avec des personnes de son âge (ou presque). Comme on la comprend !

les-colories-arounf-the-world-chloe-arthur-jade

Notre soirée avec les Coloriés est toute en couleurs (c’était trop tentant). Chacun raconte sa partie du voyage déjà effectuée et donne des conseils à l’autre. Nous revenons du Laos, eux de Thaïlande, timing parfait finalement. Nous échangeons nos guides de voyage et prenons bien sûr quelques photos pour immortaliser ce moment.

La pluie vient contrarier nos plans de retour à l’auberge mais nous voyons arriver notre hôte, dans sa voiture, pour nous ramener tous les 7 au sec. Quelle gentillesse !

Cette journée qui avait commencé tout doucement s’achève sur de beaux moments. La vie est remplie de belles surprises parfois !

 

**Nous allons nous aussi modifier notre trajet sur l’Indonésie mais conservons tout de même notre étape balinaise, un incontournable pour nous !

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2 réflexions sur “Bye bye Laos, bonjour Thaïlande

  1. C’est incroyable cette rencontre avec la famille Colorié à l’autre bout du monde !
    Les croiser alors que cela n’était pas prévu et avoir des nouvelles fraîches et des infos sur l’Indonésie : c’est inespéré !
    Jade devait effectivement être contente de pouvoir parler français avec des enfants de son âge !
    Votre trajet sur le Mékong a du être pittoresque ! J’espère qu ‘ Hélène n’est pas trop malade.
    Bonne chance pour la suite.

    • Oui c’était vraiment inespéré, le mot est juste ! L’état de santé d’Hélène s’est vite amélioré et aujourd’hui tout va bien. Ella a juste pris un peu de retard sur nos récits du coup mais je pense que personne ne lui en voudra.
      Bientôt donc des nouvelles de notre étape à Chiang Mai…

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