Mandalay

Le vol entre Bangkok et Mandalay se fait à basse altitude et j’ai la chance d’être côté hublot cette fois. J’ai donc tout loisir de regarder les palettes de couleur qui s’offrent à moi depuis le ciel. Très rapidement la densité des villes et villages thaïs laisse la place à de grandes étendues de montagnes vert sombre. Puis les couleurs deviennent plus claires, le paysage s’aplanit, de ci de là quelques îlots de maisons apparaissent… Au loin, la piste, il est 11h50, notre vol FD244 d’Air Asia vient de se poser sur le sol de ce pays que nous espérons empli d’authenticité. Un bus nous récupère dès la descente de l’escalier pour nous conduire à la zone de douane à 50 mètres de là…

Notre chauffeur, vêtu d’un longyi vert, nous attends à la sortie de la zone d’arrivée. Nous allons rapidement retirer quelques kyats à l’un des deux distributeurs de l’aéroport puis nous installons dans la voiture. Un collier de fleurs de jasmin est accroché au rétroviseur et ça sent divinement bon. Le volant est à droite. Tiens, on roule à gauche ici aussi ? Et bien non, notre chauffeur se met en route et reste bien sur sa droite. Tout ça n’a pas l’air très pratique. Nous apprendrons par la suite que c’est le résultat d’une lubie du dictateur Ne Win qui décida de changer le sens de circulation dans tout le pays. Après quarante minutes de route quasi déserte nous arrivons à Mandalay, beaucoup plus vivante et klaxonnante. Notre chauffeur nous dépose devant l’hôtel et nous prenons rapidement possession de notre chambre. Notre choix s’est porté sur un hôtel classique et central, l’offre restant encore assez limitée, et nous sommes satisfait du résultat pour 40 €. Seul bémol, impossible d’ouvrir les fenêtres à cause de la pollution.

Premières sorties

L’heure du déjeuner est largement dépassée lorsque nous nous mettons en quête du repas de midi. Jade est malade depuis deux jours et nous devons absolument trouver un endroit « safe » pour le repas. Privés de cantine, nous trouvons assez rapidement un restaurant où, dès notre arrivée, les serveurs sont au petit soin. Nous déjeunons d’une salade de poulet très « spicy » et de chips de poissons salées, le tout accompagné de riz pour Jade bien sûr et de coca sans bulle. Les serveurs s’enquièrent régulièrement de notre appréciation des plats. Jade, que tous appellent « sister » est l’attraction centrale et se prête gentiment aux séances de photos avec l’ensemble du personnel. Nous avons droit à un rabais de 10 % car nous n‘avons pas fini le plat de poulet trop épicé pour nous. Nous payons malgré tout 10 400 kyats (8 €) ce qui est plutôt cher pour le pays.

Nous ne faisons pas de balade dans cet après-midi déjà bien entamé, et restons au calme dans la chambre où nous finissons par nous endormir. Nous sommes réveillés à 19h00 par une musique qui entre dans notre chambre comme si nous étions au premier rang d’un concert des Stones. Nous sortons pour échapper à ce vacarme et trouvons une cantine pour le dîner à quelques pas de l’hôtel. Diner de poulets aux légumes et noix de cajou, poulet grillé et riz bien sûr. L’état de Jade s’est grandement amélioré et elle a du mal à comprendre qu’elle doive encore manger du riz et boire le coca sans bulle que nous « fabriquons » depuis deux jours. Nous voulons limiter les risques dans ce pays où la qualité des soins est très loin de nos standards occidentaux.

Lors de notre retour à la chambre, la musique est toujours là, aussi forte et nous nous disons que notre première nuit risque d’être longue. Nous n’avons pas idée à quel point. En effet, nous sommes arrivés au premier jour d’un festival, qui n’en compte que deux heureusement pour nous, et qui veut qu’un peu partout dans la ville des chapiteaux se dressent et des musiciens et chanteurs s’activent du coucher au lever du soleil. Donc, en clair de 18h à 6h du matin nous avons eu droit à un festival de décibels pas toujours très flatteur à l’oreille !

Après une nuit sonore très en pointillés, nous avalons notre petit déjeuner (compris dans le prix de la chambre) et partons, plan en main, en direction de la gare. Nous pensons réserver nos billets pour Bagan, notre destination prochaine. Nous la trouvons rapidement mais grand moment de solitude, toutes les inscriptions sont en birman.

horizon-mix6t-gare-de-mandalay

Un agent parlant vaguement anglais vient à notre secours et nous fait comprendre que jeudi pour lundi c’est trop tôt. Il nous faudra revenir trois jours avant seulement. Nous partons donc en balade en direction de la rivière Aye Yarwaddy. Nous découvrons bâtisses anciennes, monastères, pagodes, suivons un moment de très jeunes nones faisant la quête. Nous assistons à des scènes de vies comme la confection des bâtonnets utilisés pour faire les nombreuses brochettes vendues par les marchands ambulants. Arrivés à la rivière, nous sommes dans un autre monde…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Nous découvrons de chaque côté de la route, sur le trottoir, des jarres en terre cuite qui sont remplies d’eau bouillie. Elles sont mises gracieusement à disposition de la population, des moines ou de qui en voudra tout simplement. Nous n’avons pas testé. Nous découvrons, au fond d’une allée, une pagode à côté de laquelle un globe terrestre fait figurer d’une façon très étrange l’Indonésie bien plus grosse que l’Australie !

Nous rentrons à l’hôtel après tout un après-midi entre les routes poussiéreuses et les klaxons omniprésents des engins à deux, trois, quatre roues ou plus, sortis d’une époque que je ne saurai définir, les trottoirs soit inexistants, soit partiellement impraticables donc dangereux, mais surtout après de multiples rencontres de birmans étonnés, souriants de toutes leurs dents et parfois même tactiles avec Jade. Peu de mots à notre encontre et les rares « hello » proviennent des plus jeunes. Bonjour ici se dit « mingalaba » et merci « jesutimbade ». Nous allons devoir nous entraîner.

Aujourd’hui, après une matinée école, nous sortons déjeuner dans une nouvelle cantine pour moins de 5 euros. Nous partons ensuite à l’assaut de la Pagode Mahamuni distante de trois kilomètres. Nous sommes stoppés à l’entrée car Thierry est en bermuda et ça ne passe pas. Une dame lui enfile alors un longyi, le vêtement traditionnel porté par tous ici, aussi bien hommes que femmes.

horizon-mix6t-mahamuni-pagoda-longyi-obligatoire

Nous nous retrouvons face à un immense Bouddha recouvert de tant et tant d’or qu’il en est devenu difforme. Seuls les hommes sont autorisés à l’approcher et ont le privilège d’effectuer cette opération de collage de feuilles d’or. Les femmes, elles, doivent rester en contrebas. Le lieu est accessible par quatre côtés et chaque allée y menant est bordée d’échoppes proposant pêle-mêle Tanaka, cloches birmanes, représentations de Bouddha, marionnettes, cartes postales…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Nous finissons la journée par le tour complet (6 kms) du palais de Mandalay où Jade est prise pour cible photographique par un petit groupe de moines ! Puis nous finissons cette journée bien remplie dans notre petite cantine près de l’hôtel où les jeunes serveurs sont adorables et les repas délicieux. La Myanmar beer, bière locale que nous avons adoptée (avec modération bien sûr) propose en ce moment un jeu « la lucky beer » qui nous permet de gagner une bouteille gratuite si la capsule renferme les idéogrammes gagnants. Nous gagnons régulièrement et avons le plaisir de voir la mine réjouie de nos jeunes serveurs aussi heureux que nous !

Notre journée avec Taiyin (Lanister ?!!) notre chauffeur, est l’une des plus belles passée à Mandalay. Nous allons en effet faire le tour des cités anciennes : Sagaing, Ava et Amarapura. Après les visites d’ateliers où l’artisanat local nous est présenté dans un but marchand, mais où Jade reçoit un accueil digne d’une célébrité locale, nous nous échappons dans la rue des tailleurs de Bouddhas (différents de ceux que nous avions vus au Laos). Taiyin nous emmène ensuite dans un monastère où de jeunes moines (novices) attendent patiemment l’heure du repas, leur sébile à la main. Mais nous ne nous attardons pas car de nombreux touristes sont déjà sur place. Nous filons gravir la montagne de Sagaing offrant une vue imprenable sur le pont de la ville. La pagode au sommet renferme des Bouddhas très clignotants ce qui donne un aspect très kitsch à l’ensemble. Nous faisons notre pause repas avant de redescendre pour rejoindre en bateau la petite ville d’Ava. Nous résistons à l’appel des multiples calèches et partons à pieds à travers champs découvrir ce petit coin bien tranquille. Nous assistons à une partie de pêche au panier avant de découvrir la Pagode Lawka Tharapu  et finissons notre escapade pédestre par la Tour de l’horloge. Vers 16 heures, nous rejoignons l’autre rive avant de partir vers Amarapura pour la grande traversée à pied du fameux pont U bein, en teck, long de 1600 mètres. Nous le parcourons dans les deux sens, lentement car ponctués de nombreux arrêt photos pour Jade, et avons le plaisir de découvrir des scènes de vie rurales. Pour la troisième fois depuis notre départ en voyage, nous rencontrons un couple de mariés en tenue traditionnelle en pleine séance photos. Ils acceptent gentiment, lorsque le photographe a terminé, de poser avec Jade. Une très belle journée qui se termine par un magnifique coucher de soleil. Je vous laisse la découvrir en images…

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Publicités

3 réflexions sur “Mandalay

  1. Le longyi va comme un gant à Thierry ! Pas très pratique pour le BTP, mais très élégant !
    La crème que porte les femmes est-elle une protection solaire ou un maquillage local ?
    Bises
    Laurence

    • Coucou Laurence,

      Voici ce que je sais sur le Tanaka :

      Les femmes s’en enduisent le visage, soit avec juste deux gros ronds dessinés sur les joues, soit avec des dessins plus artistiques. Les enfants en ont parfois le visage complètement recouvert. Le tanaka a un effet rafraîchissant sur la peau, protège des coups de soleil et aide à lutter contre l’acné. En plus, il a des vertus anti-ride et anti-mycosique.
      Issu de l’arbre à tanaka, qui pousse en Birmanie, on en trouve des buchettes sur les marchés ou parfois directement de la poudre. Les Birmans frottent le bois sur un plateau en pierre pour en faire de la poudre et ensuite ils rajoutent de l’eau.
      Voilà une réponse complète qui s’impose pour mon instit préférée ☺
      Bises et bonnes vacances

  2. Merci pour cette explication très détaillée ! C’est un produit aux vertus variées ! J’ai pu voir sur le blog de Jade qu’elle avait elle même testée avec un dessin sur les joues.
    Je vais continuer la lecture de vos aventures pendant mes vacances !
    Bises à vous trois

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s