Amed, entre mer et montagne

Nous prenons la route pour une nouvelle journée découverte qui nous conduira jusqu’au tout petit village de Bunutan, près d’Amed en bord de mer, où nous avons choisi de passer le réveillon qui nous amènera vers la nouvelle année. Gadu, notre chauffeur-guide s’excuse de ne pas parler français, ce à quoi nous lui répondons que nous ne parlons pas indonésien non plus ! Il sourit. Ce sera donc une journée en anglais…

Le premier arrêt se fait au Temple Goah Gaja à Bedulu, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. Six statues de femmes alimentent deux bassins, diverses créatures et démons ornent la façade d’une grotte, des marches, des autels, des statues… Je demande à Gadu le nom de ce tissu à damier noir et blanc dont sont couvertes les statues, les autels (Tugu), le pied des arbres, les entrées de temples… C’est un Poleng me dit-il. Une explication s’impose : une être invisible a élu domicile dans ce lieu (statues, arbres, etc), il peut être bénéfique ou maléfique. Les offrandes servent à l’apaiser et à maintenir l’équilibre entre les esprits « hauts » et « bas » qui se complètent et s’opposent. Voilà ce que symbolise le Poleng, le jour et la nuit, le masculin et le féminin, le sud et le nord et bien entendu, le bien et le mal qui ne vont jamais l’un sans l’autre. Une interprétation balinaise de la célèbre opposition chinoise du Yin et du Yang en fait.

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Nous nous rendons ensuite à l’ancienne cours suprême de Klungkung ou du moins à ce qu’il en reste car elle fût en grande partie détruite en 1908. Aujourd’hui, il ne reste que le pavillon de justice et le pavillon flottant entouré d’une douve. Ces 2 bâtiments ont été restaurés dans les années 1920 sous la direction des hollandais. Le plafond de chaque pavillon est recouvert de peintures (restaurées en 1945) qui se lisent comme une BD sur des thèmes tels que l’astrologie, le calendrier balinais, les légendes et récits de dieux et de héros… Les lieux sont « gardés » par des démons qui ne sont autres que des hollandais au chapeau haut de forme. Le cadre est très joli. Au fond du complexe, un musée retrace l’histoire du royaume de Klungkung et la défaite du roi devant l’invasion hollandaise (commémorée par un monument en forme d’obélisque). Un musicien joue du xylophone sur bambous. Jade l’observe un moment puis le rejoint.

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Nous reprenons la route avant de faire un arrêt sur le bord de la mer, au village de Kusamba, où un paludier nous montre la méthode traditionnelle de récolte de sel. Il transporte tout d’abord l’eau, depuis la plage, sur son épaule dans des paniers de toiles (feuilles de palmes à l’origine), et la verse sur une surface de sable noir humide. Nous sommes sous un soleil de plomb, il fait plus de 30°C et l’homme n’est pas tout jeune ! Nous avons mal pour lui. Notre guide, nous explique la suite du procédé. Après mouillages et séchages successifs le sable est tamisé puis lavé à l’eau de mer. La saumure obtenue est ensuite versée dans des troncs de palmiers évidés exposés au soleil afin que l’eau s’évapore et que le sel cristallise. Puis il est enfin récupéré. « Les jeunes ne veulent pas faire ce travail » nous dit Gadu car il est peu rentable. Il faut une semaine de travail pour obtenir environs 50 kg de sel ! Et cela devient encore plus compliqué pendant la saison des pluies où le procédé de séchage prend beaucoup plus de temps. Définitivement, être paludier n’est pas un métier de tout repos !

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Après une pause repas dans un warung (petit restaurant local : 1 ou 2 tables et quelques bancs) près de Candidasa au bord de la mer où nous mangeons à quatre pour 118 000 IDR (8 € à peine), nous partons à la découverte du Palais des Bains royaux de Tirta Gangga. Construit en 1946, il a été détruit par l’éruption du mont Agung en 1963 avant d’être totalement restauré. Ce palais qui ressemble plutôt à un jardin est composé d’un ensemble de bassins et de jeux d’eau alimentés par une source « sacrée ». Au milieu, une belle fontaine de onze étages nous sert de cadre pour une photo familiale. Rien de spécial à visiter, juste le plaisir de se promener dans une atmosphère magique et de sauter sur les pierres disposées dans le premier bassin permettant de le traverser sans se mouiller. Les balinais apprécient ce coin, et se font photographier à tour de rôle. Notre guide n’échappe pas à la règle.

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Nous arrivons à Bunutan en milieu d’après-midi après avoir contemplé, sur le flanc d’une colline, un superbe panorama de rizières en terrasse. Bunutan est un village de pêcheurs et malgré un nombre étonnant d’hôtels, il n’a pas vocation de station balnéaire à proprement parler. La raison en est sans doute, en plus de l’éloignement de l’aéroport, le fait qu’il y ait peu de plages et qu’elles sont couvertes de galets ou de sable noir, à l’opposé du sable blond rêvé par les vacanciers du bout du monde. Ici, les galets sont rois, qu’on se le dise ! Une pancarte à l’entrée du village attire notre attention « Follow your heart ». Le décor est posé,  on devrait être bien ici.

Après une soirée de réveillon où nous nous déhanchons au son du reggae, en compagnie d’habitants du village et de quelques voyageurs de passage (italien et suédois), nous passons un séjour sous le signe du repos. Notre bungalow, avec vue sur la mer, est entouré de frangipaniers qui embaument du matin au soir. Sa salle de bain, partiellement ouverte sur le ciel, nous laisse tout loisir d’être doublement douchés lorsqu’il pleut ! Sur le côté, un petit autel nous met sous la protection des multiples dieux de l’île…

Nous nous laissons vivre au gré de la saison des pluies. Nous nous baignons chaque matin, chaussures au pied, dans une mer assez mouvementée mais sans danger si ce n’est les galets et coraux morts qui jonchent le sol. Parfois, nous faisons de longues promenades sur la plage où sont amarrées les élégantes pirogues à balancier qui font la fierté des locaux. Nous poussons jusqu’à la baie d’Amed à 2 km de là, nous arrêtant pour une pause fruit juice dans un hôtel « avec vue ». Dilemme : plage ou piscine ? Nous goûtons pour la première fois une boisson à l’aloé vera (une pensée pour notre amie Valérie LR qui se reconnaîtra). De retour sur la plage de Bunutan, les pêcheurs nous proposent des sorties en mer pour admirer la faune sous-marine, mais nous réservons cette activité pour notre étape à Pemuteran dont les fonds sont bien plus préservés.

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Un matin, nous nous enfonçons dans la campagne environnante entre mer et montagne, nous retrouvant face à deux cochons cuits, plantés sur des piques de chaque côté du chemin (âmes sensibles ne visualisez pas le diaporama qui suit). Un peu plus loin, c’est la grande toilette des bovins. Puis vers 11 heures, les enfants sortent de l’école en habit traditionnel. Une cérémonie se prépare, c’est certain.

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L’après-midi, pendant que les éléments se déchaînent, c’est sieste et lecture. Jade a droit à sa semaine de vacances (pas d’école) et passe son temps avec les enfants nombreux à se réunir dans l’espace familial de la guesthouse. Chaque soir, sur notre terrasse, un très gros gecko nous fait grâce de sa compagnie… Notre guesthouse (Sinar I) est tenue par une famille indonésienne dont le papa est musicien. Il se fait un plaisir de nous chanter le début de « Aline » chaque soir lorsque nous passons à table. Denila, sa fille de 10 ans, nous fait spectacle de quelques danses pleines de sautillements, les mains et doigts en mouvement précis et le visage portant des expressions changeantes en fonction de la chorégraphie.

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Notre semaine de « vacances » est terminée et nous reprenons la route demain à la découverte d’autres coins de l’île. Prochaine étape : Lovina où nous espérons approcher les dauphins…

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2 réflexions sur “Amed, entre mer et montagne

  1. bonjour a vous alors c’était comment l’aloe vera ?
    je vois que votre voyage vous enchante toujours, pour nous les vacances se terminent ce soir, demain la reprise vers GEX
    Mimine a donc ses deux nounous (Coline et Vanessa) qui passent chaque jour la voir
    bon vent a vous 3 et plein de bisous de France

    • On a bu un jus de concombre à l’aloe vera servi avec des morceaux à déguster à côté. C’est gluant et ça n’a pas vraiment de goût en fait. Mais comme on sait que c’est bon pour la santé on en redemande ! Bon courage pour la reprise et merci aux filles de prendre le relais pour notre fifille. Pour sûr elle n’aura pas envie de rentrer !
      On vous embrasse bien fort
      Hélène Thierry et Jade

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